Aller au contenu principal
Fermer

France-Un député vise Macron dans un signalement sur Alstom
information fournie par Reuters 17/01/2019 à 19:48

    * Le député LR Alain Marleix saisit le parquet de Paris
    * Il met en cause Emmanuel Macron dans le dossier Alstom-GE
    * Un pacte de corruption autour de la vente du pôle énergie
?
    * Un ancien cadre d'Alstom dénonce le chantage américain
    * Ses accusations sont corroborées par l'Assemblée nationale

 (Avec éléments supplémentaires)
    PARIS, 17 janvier (Reuters) - Le député Les Républicains
Olivier Marleix met en cause Emmanuel Macron dans un signalement
transmis jeudi au parquet de Paris sur les conditions de la
vente du pôle énergie d'Alstom  ALSO.PA  au groupe américain
General Electric  GE.N  en 2016.
    L'ex-président de la commission d’enquête parlementaire sur
les décisions de politique industrielle de l'Etat a précisé à
Reuters qu'il s'appuyait sur l'article 40 du code de procédure
pénale, confirmant une information du Monde.
    Cet article prévoit que toute autorité constituée, tout
officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses
fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit,
est tenu d'en informer le procureur de la République.
    Ce signalement est en cours d'analyse au parquet de Paris,
a-t-on précisé à Reuters de source judiciaire.
    "Dans le cas Alstom, ma conviction personnelle, au terme de
six mois d'investigations, est que le ministre de l'Economie de
l'époque, Arnaud Montebourg, a été court-circuité par Emmanuel
Macron, alors secrétaire général adjoint de la présidence de la
République", a expliqué le député à Reuters.
    Emmanuel Macron a succédé en 2014 à Arnaud Montebourg,
quelques mois avant la signature du rachat du pôle énergie
d'Alstom par GE, le 4 novembre de la même année, et a autorisé
d'autres ventes concernant notamment Alcatel, Technip et STX.
    Or le député dit avoir découvert des gens qui semblent avoir
eu "intérêt à l'aboutissement de ces ventes", notamment au titre
de conseils, parmi les donateurs et organisateurs de levées de
fonds pour la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron.  
    "Le fait que l'on puisse retrouver dans la liste des
donateurs ou des organisateurs de dîners de levée de fonds des
personnes qui auraient été intéressées (à ces ventes) ne peut
qu'interroger", a-t-il déclaré à Reuters, reprenant la teneur de
son courrier au procureur. "S'il était vérifié, un tel système
pourrait être interprété comme un pacte de corruption."
    
    RENVOI D'ASCENSEUR ?
    Emmanuel Macron a levé en un an, sans parti politique,
environ 15 millions d'euros de dons, souligne-t-il. "A tout le
moins c'est un mélange des genres. La question que je me pose
c'est : est-ce un système de renvoi d'ascenseur ?"
    La commission d'enquête a permis d'évaluer à 165 millions
d'euros hors taxe les sommes versées du seul côté d'Alstom à des
intermédiaires, rappelle Olivier Marleix. "Lorsque vous êtes
celui qui signe l'autorisation (de vente), vous vous faites un
certain nombre d'obligés", ajoute-t-il.
    Interrogé par Reuters, une source proche du chef de l'Etat a
répliqué que les questions posées sur son rôle par le député
l'avaient "déjà été lors de la commission d’enquête". 
    Olivier Marleix s'interroge d'autre part dans sa lettre au
procureur sur l'absence de poursuites pénales contre Alstom en
France pour des faits de corruption présumés dans plusieurs pays
entre 2000 et 2011, qui lui ont valu de payer une lourde amende
aux Etats-Unis, ce qui a contribué à déstabiliser le groupe. 
    Il avait déjà dit en avril 2018, lors de la présentation des
conclusions de la commission parlementaire, avoir la conviction
"qu'en autorisant la vente d’Alstom à GE, l'Etat (avait) failli
à préserver les intérêts nationaux".  
    Un ex-cadre d'Alstom, Frédéric Pierucci, dénonce pour sa
part les circonstances troubles de cette vente dans un livre
publié ces jours-ci, "Le piège américain" (JC Lattès).
    
    POTS-DE-VIN
    Selon lui, Alstom a été contraint de vendre sous la pression
des Etats-Unis, où il a été arrêté le 14 avril 2013 à New York,
à sa descente d'avion, dans ce qu'il décrit comme une "guerre
économique souterraine" livrée à l'Europe.
    Le patron monde de la branche chaudières d'Alstom a alors
appris qu'il était mis en cause dans une affaire de pots-de-vin
versés en 2003 et 2004 pour obtenir un contrat en Indonésie, que
le groupe faisait l'objet d'une enquête du département américain
de la Justice (DoJ) pour corruption et que son PDG, Patrick
Kron, refusait de coopérer "pleinement".
    Frédéric Pierucci est enchaîné, vêtu en orange et incarcéré
à la prison de haute sécurité de Wyatt dans le Rhode Island. 
    "Et là, petit à petit, je comprends que je suis en fait un
otage et que la véritable cible est le patron d'Alstom et
l'entreprise et que le département de la justice américaine veut
faire payer une grosse amende à l'entreprise et effectivement la
racheter derrière", a-t-il raconté mercredi sur France Inter.   
    Les auteurs du livre accusent les Etats-Unis d'avoir érigé
ce type de pression en stratégie contre les entreprises
européennes pour favoriser l'industrie américaine. 
    Patrick Kron nie la version du "Piège américain". Mais, dans
son rapport, la commission d'enquête parlementaire d'Olivier
Marleix accrédite cette thèse : "La menace d'une amende a-t-elle
pu peser sur la décision de M. Kron de vendre ? (...) Notre
Commission d'enquête répond par l'affirmative."

 (Emmanuel Jarry et Danielle Rouquié, avec Jean-Baptiste Vey,
édité par Yves Clarisse)
 

Valeurs associées

24,330 EUR Euronext Paris -3,76%
323,090 USD NYSE -1,18%
224,800 EUR XETRA 0,00%

1 commentaire

  • 17 janvier 20:56

    y a que les bisounours qui croient que les US sont de vrais alliés ! Du temps de la caravelle de sud aviation déjà les US avaient arnaqué les Français !


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.
Chargement...